• Tréhorenteuc, l'incroyable destin de l'abbé Gillard

    Entre 1942 et 1951 l'abbé Gillard entreprit de rénover la petite église dédiée à Sainte-Onenne à Tréhorenteuc. Entouré de fidèles compagnons, des artistes de renom et l'écrivain celte Jean Markale, il entreprit d'associer en forêt de Brocéliande la chrétienté et la légende du Graal. 

     

    L'histoire fascinante de l'abbé Gillard


    Henri Gillard est né en 1901 à Guégon en forêt de Brocéliande. Il suit des études théologiques, ordonné prête en 1924 il devient vicaire à Plumelec puis ensuite à Crédin (communes du Morbihan). En 1942 il est nommé curé de Tréhorenteuc en plein coeur de la forêt de Brocéliande cette promotion est comme une sanction car l'abbé contrariait le clergé avec ses idées non conventionnelles. Il arrive dans un petit village dont les 150 habitants sont pauvres et peu scrupuleux des commandements de l'église. Loin de l'agitation du monde, isolé dans la forêt de Brocéliande l'abbé Gillard emploie toute son énergie pour faire revenir les paroissiens à l'église en entreprenant la restauration du lieu de culte en mauvais état, aidé par l'héritage de Euphémie Bohélay qui était la femme du parrain de l'abbé. Cette femme lui légua tous ses biens après que son fils fut tué par les allemands pendant la grande guerre.

    La rénovation de l'église de Tréhonrenteuc est l'oeuvre d'une vie

    Aidé par des compagnons dont celui qui deviendra plus tard l'écrivain Jean Markale auteur d'ouvrages consacrés aux pays celtes et à la légende du Graal il entreprend de donner une nouvelle identité à l'église en introduisant la légende du Graal dans le cadre de la forêt de Brocéliande. Dès 1943 le premier vitrail de la Table ronde est posé par le maître verrier Henri Uzureau. En 1945 l'abbé Gillard fut aidé par deux artistes allemands prisonniers de guerre. Peter Wissdorf était ébéniste, on lui doit les bancs de l'église et la voûte en forme de coque de bateau inversée. L'autre artiste Karl Rezabeck était peintre, il réalisa quatre tableaux représentant  le monde celte, la légende arthurienne et le christianisme. Finalement le maître verrier nantais Uzureau fournira huit vitraux et oeils-de-boeufs. Les ateliers Grüber de Paris réalisent en 1951 le grand vitrail du choeur ayant pour thématique le Graal, la grande mosaïque du cerf blanc (le cerf est un animal mythique celte qui a été christianisé) a été elle fabriquée par Odorico. La chapelle est dédiée à Sainte Onenne qui est également représentée sur un vitrail.

    Disgrâce et éternité

    Pour financer les travaux l'abbé Gillard déploie beaucoup d'énergie il publie des guides consacré à Tréhorenteuc, à Brocéliande, aux légendes de la Table Ronde, puis s'ensuivent différents ouvrages mystiques et études des symbolismes du zodiaque ... Tous les bénéfices sont affectés aux travaux de l'église. La notoriété de l'abbé dépasse largement le cadre régional. Des rumeurs commencent à courir, toutes ces pratiques hétérodoxes irritent la hiérarchie du clergé qui en 1962  lui ordonne de quitter la paroisse. Il ne sera jamais plus curé de Tréhorenteuc, paradoxe suprême pour quelqu'un qui  a rénové l'église sur ses fonds propres et a dépensé toute son énergie pour obtenir des dons. L'abbé Gillard décède en 1979, justice est rendue à son oeuvre étonnante,  il est enterré à l'intérieur de l'église, sur la dalle tombale sont inscrits les caractères grecques d'Alpha et Oméga en hommage au Christ "Celui qui est au commencement de tout et jusqu'à la fin du monde". Une manière d'affirmer que l'abbé Gillard parfois incompris par sa hiérarchie fut un fidèle serviteur de l'église qui voulut réconcilier la religion avec les légendes arthuriennes et celtiques.

     
     
    Sainte Onenne - Trehorenteuc
    Vitrail  circulaire de Sainte Onenne
     
    Vitrail de sainte Onenne Trehorenteuc
    Tréhonrenteuc : Vitrail de sainte Onenne défendant son honneur


    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne défendant son honneur - détail

     

    Tréhorenteuc : sainte-Onenne
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne change ses habits avec une pauvresse




     
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne lègue aux pauvres
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne lègue aux pauvres

     

    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne

     

    Tréhorenteuc : Détail du vitrail de sainte Onenne
    Tréhorenteuc : Détail du vitrail de sainte Onenne

     

    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne détails
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne détails

     

    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne

     

    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne
    Tréhorenteuc : Vitrail de sainte Onenne

     

     

     

    Sainte Onenne la Vierge de Tréhonrenteuc

    Sainte Onenne est née au 7e siècle dans un château proche de Mauron dans la forêt de Brocéliande. Très jeune elle quitta sa vie de princesse, elle s'engagea comme servante dans une ferme de Tréhorenteuc, attirée par l'esprit de pauvreté. Elle apportait son aide aux malades et aux pauvres avec lesquels elle partageait ses biens.  Chaque fois qu'elle le pouvait  Sainte Onenne rendait visite à la Vierge de l'église, l'abbé Gillard lui a redonné une notoriété certaine en représentant sa vie dans de nombreux vitraux figurant sur les bas-côtés de l'église.

    Tréhorenteuc : Saint- Eutrope
    Tréhorenteuc :  Eglise Saint Eutrope 

     

    Tréhorenteuc : Graal
     
    Tréhorenteuc : apparition du Graal
    Tréhorenteuc : Détail de vitrail l'apparition du Graal
     
    Tréhorenteuc : grand vitrail dans le choeur
    Tréhorenteuc : Le grand vitrail dans le choeur



     
    Tréhorenteuc : Détail du grand vitrail dans le choeur
    Tréhorenteuc : Détail du grand vitrail dans le choeur
    Tréhorenteuc : Détail du grand vitrail dans le choeur représentation de Louis Thétiot et de sa mère, appel à la prière et la spiritualité pour les donateurs du vitrail.
    Tréhorenteuc : Détail du grand vitrail dans le choeur représentation de Louis Thétiot et de sa mère, appel à la prière et la spiritualité pour les donateurs du vitrail.

    Une perle bleue dans le vitrail

    Deux personnages se font face dans la partie inférieure du vitrail. Il s'agit du Guégonnais Louis Thétiot, et de sa mère, respectivement cousin et marraine de l'abbé Gillard. Lorsque son fils est tué en 1944 par une rafale de mitrailleuse, Mme Thétiot décide de léguer la ferme qu'elle lui destinait à son filleul, l'abbé Gillard. Avec la vente de cette ferme familiale, le grand vitrail a pu être réalisé par l'atelier Gruber en 1951. On remarque une perle bleue située entre ces deux personnages. Elle est un appel à la spiritualité et invite tout un chacun à prier pour les donateurs du vitrail.
     
     

    La Porte est en dedans

    Sur le plan symbolique, le lapin est lunaire. Dormant le jour, il gambade la nuit. Comme la lune il sait apparaître et disparaître, avec le silence et l'efficacité des ombres... Par sa nature, il est l'intermédiaire entre l'homme, dont il est l'animal familier, et l'invisible. En bas et à gauche du grand vitrail, par sa présence discrète aux côtés d'une de ses comparses, le lapin chuchote à qui veut bien l'entendre qu'il existe des secrets à découvrir derrière l'apparence des images. Le lapin est le gardien des secrets du vitrail. Il en est aussi le passeur. A sa façon, il tend l'indispensable clé de la "Porte est en dedans". A chacun d'ouvrir les yeux pour tenter de décrypter le sens caché des images.

     

     
    Tréhorenteuc : Le Graal est au coeur du grand vitrail, illuminant tout ce qui l'entoure
    Tréhorenteuc : Le Graal est au coeur du grand vitrail, illuminant tout ce qui l'entoure

     

    La Quête du Graal

     Les Celtes avaient leur Graal, il était représenté par le Chaudron de la Connaissance. Chez les Chrétiens, dans une légende, le Graal a pour origine une émeraude qui est sertie sur la couronne de l'Ange de lumière, Lucifer lorsque celui-ci commet la faute, son émeraude se détache tombe du ciel et atterrit sur le Paradis terrestre. Retrouvée par les hommes, elle est transmise de générations en générations jusqu'à devenir la coupe utilisée par Joseph d'Arimathie pour recueillir le sang du Christ. Par la suite, le Graal disparaît. Les chevaliers de la Table Ronde ont alors pour mission de partir à sa recherche : La fameuse Quête du Graal. Le meilleur d'entre eux, Galaad, le chevalier au coeur pur, devient l'élu. Placé au coeur du vitrail qui lui est dédié, le Graal illumine tout ce qui l'entoure. La coupe est de couleur verte, couleur de l'espérance d'une vie éternelle. Lorsqu'on se trouve dans l'église, on observe que la coupe du graal est présente sur les trois vitraux visibles dans le choeur. La tonalité du vert évolue de façon chronologique : Du vert foncé, durant foncé, durant le repas de la Cène, il devient plus clair lors de la crucifixion, pour finalement devenir lumineux et irradiant le grand vitrail à la résurrection de Jésus


    Le Saint Graal expliqué à Tréhorenteuc

    Comme c'est le cas pour les chevaliers réunis en harmonie autour de la Table Ronde, l'abbé Gillard, à travers le grand vitrail, a souhaité exprimer le message du Christ visant à voir s'établir entre tous les hommes, l'harmonie, l'amour, la paix et l'universalité.
    Cet objectif se manifeste symboliquement par les couleurs. Dans le vitrail, on observe une dominante bleue, celle du masculin, et une autre rouge, dont le dérivé est le rose dévolu au féminin. Avec la fusion du bleu et du rouge, on obtient la couleur violette (comme la robe portée par le Christ) : Le mélange parfait, l'harmonie parfaite entre l'homme et la femme et celle de tous les hommes au sens large. Parallèlement aux couleurs, cette harmonie est traduite par la coexistence de plusieurs mondes : l'image du Christ et des évangélistes pour les Chrétiens, le monde celte avec l'omniprésence des feuilles du chêne sur l'ensemble du vitrail (symbole du culte de la nature) et le monde légendaire avec la quête du Graal des chevaliers de la table ronde. La conception du vitrail répond aussi à une harmonie parfaite : Celle qui découle du nombre d'or dont l'existence est rappelée par l'inscription 1,618 figurant sur le mur de l'église près des fonds baptismaux.
     

     

    Tréhorenteuc : Le Christ représenté en un Cerf blanc
    Tréhorenteuc : Le Christ représenté en un Cerf blanc

    Les clés pour comprendre les représentations symboliques

    Chaque réalisation présente dans l'église de Tréhonrenteuc renvoie à une autre. Le grand vitrail a pour miroir la mosaïque qui lui fait face. Tous les symboles présents dans le grand vitrail s'y reflètent et s'y transposent. Le Christ est représenté par le Cerf blanc dont la tête est ceinte d'une auréole. Il porte au cou un collier où est suspendue une croix. Il est entouré de quatre lions, les quatres évangélistes. Dans la légende, Lancelot voit apparaître le cerf blanc et des lions. Ils passent sans daigner lui adresser un regard avant de disparaître par enchantement. Lancelot s'interroge. Le soir, un vieillard l'incite à renoncer à sa vie dissolue avec la reine Guenièvre. Lancelot ne peut s'y résoudre et échoue dans sa quête du Graal. Dans la mosaïque, le cerf blanc, c'est le Christ du monde chrétien, mais c'est aussi la divinité Cernunnos des Celtes. C'est également le Merlin de la légende. Miroir du grand vitrail, la mosaïque fait apparaître la féminité avec la fontaine de Barenton en forme de croissant de lune. Nous sommes dans le monde des eaux, domaine des fées. Plus haut, les arbres de Brocéliande, dont le plus gros épouse la forme d'un soleil, représentant le masculin. Présente dans le grand vitrail sous la couleur violette de la robe du Christ, l'harmonie parfaite de l'Homme se reflète sous l'apparence d'une toute petite ancolie (Chère à Léonard de Vinci) visible au centre de la mosaïque


    Tréhorenteuc : Reflets du vitrail sur la mosaïque
    Tréhorenteuc : Reflets du vitrail sur la mosaïque

     

    Tréhorenteuc : Pierre tombale de l'abbé Gillard qui porte l'inscription Alpha et Oméga en hommage au Christ  "Celui qui est au commencement de tout et jusqu'à la fin du monde"
    Tréhorenteuc : Pierre tombale de l'abbé Gillard qui porte l'inscription Alpha et Oméga en hommage au Christ  "Celui qui est au commencement de tout et jusqu'à la fin du monde"

     

     
    Statue de l'abbé Gillard devant l'église de Tréhorenteuc

     

    Tréhorenteuc, la statue de l'abbé Gillard et sur la partie cintrée du porche une inscription énigmantique  "La porte est en dedans" 
     

    Les sources de l'Office de Tourisme de Tréhorenteuc, les sous-titres suivants font références aux explications présentes dans l'église de Tréhorenteuc, elle permettent de comprendre l'oeuvre de l'abbé Gillard.

    1. Une perle bleue dans le vitrail
    2. La Porte est en dedans
    3. La Quête du Graal
    4. Le Saint Graal expliqué à Tréhorenteuc
    5. Les clés pour comprendre les représentations symboliques
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  • Commentaires

    1
    Mardi 11 Décembre 2012 à 16:26
    Quelle superbes travail! les couleurs des vitraux sont presque irréelles tant elles sont fortes et lumineuses.
    Ma préférence va au grand vitrail, à la symbolique du lapin.
    Grand merci et belle soirée!
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    2
    Mardi 11 Décembre 2012 à 16:49
    Finalement il y a une justice en ce bas monde !
    Cet article est une vraie perle ;-) tant par ses photos que par tes explications ♥
    3
    Mardi 11 Décembre 2012 à 18:29
    Tout est dans l'intention de l'abbé et des maîtres verriers qui se sont appliqués dans la transcription des légendes celtes et de la Quête du Graal pour associer tout ce qui est magique à la chrétienté. En visitant ce lieu le coup de coeur est assuré.
    4
    Mardi 11 Décembre 2012 à 18:31
    Merci Danièle, le lieu mérite bien qu'on s'y attarde et que l'on observe et que l'on trouve les explications aux nombreux symboles "La porte est en dedans"
    5
    Mercredi 12 Décembre 2012 à 09:39
    Bravo pour la qualité des photos de vitrail… Ce n'est pas toujours évident à photographier. Je connaissais l'histoire de ce recteur mais c'est avec plaisir que j'ai lu tes notes.
    6
    Mercredi 12 Décembre 2012 à 11:04
    un sujet très complet qui montre comment sont imbriquées les croyances. On y retrouve la grande part des symboles et les légendes du Graal et de la forêt de Brocéliande que j'ai tant aimées.Cet abbé Gillard fut remarquable et l'Eglise pas à la hauteur en temps réel, comme d'habitude.
    Les vitraux sont très beaux, très instructifs et leur décryptage remarquable, notamment au niveau des détails que je n'aurais pas perçus. J'apprécie tout particulièrement la qualité des photos quand on sait combien il est difficile de les photographier.
    Les couleurs sont remarquables. Une vraie œuvre d'art à la croisée des influences.
    On apprend toujours quelque chose ici, par exemple l'ancolie et son importance pour Léonard de Vinci.Par contre, moi qui les aime tant, je n'ai su la voir.
    magnifique.
    7
    Mercredi 12 Décembre 2012 à 22:03
    Une information sur les conditions de prises de vues. Photo prises avec un trépied, objectif de 150mm pour éviter au maximum la parallaxe. Le tout difficile à manager avec une focale fixe mais tellement plus performante sur le rendu. Le plaisir de lire la note est je l'espère est aussi intense que fut mon plaisir de visiter ce lieu étonnant.
    8
    Mercredi 12 Décembre 2012 à 22:09
    Je suis heureux que tu apprécies ce travail d'ensemble pour un lieu unique dans son genre et il faut le dire aussi magique car à la rencontre des croyances. Il y a dans les vitraux des tas d'autres symboles que je n'ais pas commenté, le tout nécessiterait plusieurs pages d'explications : "La Porte est en Dedans..." A chacun sa quête initiatique. Quant à l'église elle marque sur ce coup un réel temps de retard, bien dommage pour cet abbé qui méritait davantage de reconnaissance. Pourtant dans le passé l'église a bien su intégrer les anciennes croyances pour se les faire siennes en les associant habilement au christianisme.
    9
    Samedi 8 Février 2014 à 14:25
    Un très bel article synthétique entre légendes et réalités.
    Une proposition d'une approche factuelle et objective / historique.
    Les photographies sont sublimes.
    Pourtant et/ou malgré tout même dans votre rédaction ..... la Porte "reste" en dedans.
    Brocéliande et son atmosphère se vit.
    Bravo.
    Net@mities

    10
    Dimanche 9 Février 2014 à 12:00
    Merci pour le commentaire issu d'une lecture active qui vient confirmer l'intérêt de ne pas se contenter d'être un "photographe" mais également de restituer l'ambiance, le ressenti qui donne envie de raconter les sentiments vécus, par le texte et l'image. Amitiés aux gestionnaires du Domaine de Broceliande.
    11
    Mercredi 23 Décembre 2020 à 12:04

    Bonjour,

    L'histoire de l'Abbé Gillard à Tréhorenteuc ressemble étrangement à celle de l'Abbé Saunière à Rennes le Château (alias RÊNES LEXATO en 5 & 6 lettres), et tout ceci pourrait découler de la façade d'une église à Saint-Génis des Fontaines (66) qui donne la clé de l'An Mil en référence pour les siècles qui suivront (et repris à Chambord comme à Vaux-le-Vicomte)...

     

    https://linteaustgenis.blogspot.com/

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