• La semaine d'une pensionnaire pas ordinaire

    Dimanche, la séparation


    Dimanche je me suis fait piéger, j'ai vu ma patronne bien triste, elle a dit « Tadig prends la chienne et va- t'en car elle ne comprendra pas. Moi, Fanette je pense que c'est ma maîtresse qui était malheureuse de me quitter !

    En toute confiance la baballe dans la bouche je suis montée dans la voiture. « Tiens tiens on a pris la route du médecin pour chiens, ça pue le vétérinaire par là ! » Alors je me suis mise à pignouser. J'ai eu peur mais finalement tout s'est bien passé,  on est arrivé sur un chemin familier qui me rappelle quelque chose, alors j'ai sauté contre la vitre, d'un côté et de l'autre en aboyant...Waouah waouah wouaaahhh You ...ouououou ! C'est "Ok" je sais où je suis et pour le véto j'ai eu chaud...

    Je galope sur la pelouse bien rase, il y a des tas d'odeurs étranges ici. « Un voleur de poulets est passé par là (renard)  qu'est- ce qu'il sent fort, il ne doit pas se laver tous les jours parole de chienne . J'ai retrouvé les traces d'un chat, il n'a qu'à bien se tenir à carreau maintenant  Fanette veille sur le territoire » !

    Je suis rentrée dans la maison, j'ai fouiné partout, marchant de long en large, attendant que ma maîtresse me rejoigne mais elle ne venait pas. Alors j'ai cherché consolation en volant des caresses une avec Tadig l'autre avec Mamig et puis je me suis allongée sur la moquette.

    Les émotions creusent, le soir j'ai mangé croquettes et ma pâtée hummm que c'était bon ; repue j'ai somnolé pendant que la télévision diffusait son programme insipide.

    Tadig et Mamig mes patrons d'adoption me sortent souvent, à chaque fois qu'ils y pensent ou quand je m'agite un peu de trop, dehors je hume l'air du temps, je sniffe le sol, fais des courses éperdues après un animal imaginaire ou réel en lâchant quelques décibels histoire de montrer à la faune locale que  je suis le maître des lieux.

    Soudain je m'avise qu'il fait froid dehors, l'intérieur est quand même plus douillet, alors un petit saut et me voilà dans la véranda me précipitant par la porte de la cuisine contre laquelle je me casse le nez. Rappel à l'ordre, les patrons d'adoption me disent un mot que je ne veux pas comprendre : "S A V - Papaattes" alors j'obtempère en présentant mes pattes, lorsqu'ils passent la serviette sous le ventre je grogne un peu : "Il faut bien se faire respecter dans ce monde de brutes !"

    Tout s'est bien passé jusqu'au moment du couvre-feu, dernière sortie sur la pelouse, quelques aboiements au passage, entrée dans la véranda, rituel des papattes et vlouf je me précipite vers la porte. Que se passe- t-il ? Ma niche est ici, étrange, étrange, ils ont déplacé ma maison. Je crois bien qu'ici est mon quartier de nuit. C'est vraiment bête, il faisait si bon à l'intérieur.

    J'ai passé une bonne nuit, du moins c'est ce que pensent mes maîtres, mais moi j'avais du chagrin, je ne comprenais pas pourquoi j'étais ici.

    Lundi adaptation et sortie promenade

    A 7 heures du matin je me suis mise à pleurnicher comme un petit bébé qui attendrait la présence de sa maman. Mamig m'a sortie dehors, ouf je suis sauvée, on ne m'a pas abandonnée. Je passe sur les grattages de vitre et autres, qui ne sont qu'une petite anecdote sans importance. Tadig est sorti la tête enfarinée, j'ai l'impression qu'il n'était pas trop bien réveillé, je me suis précipitée dessus, nous avons chahuté ensemble, je suis allée chercher ma baballe,  nous avons bien joué...

    L'après-midi, on a sorti la laisse, je me suis mise debout pour la sentir, je me suis dit que c'était l'annonce d'une balade canine. Nous avons traversé la pelouse, je tirais comme une folle, à droite à gauche en avant, en arrière, m'enroulant autour des pieds de Tadig qui ne savait plus où donner de la laisse. Je m'arrêtais à chaque instant pour humer tout ce qui sent fort, complétant mon catalogue d'odeurs déjà bien rempli. Nous avons marché, j'avais parfois les pieds dans l'eau, parfois un peu de boue aussi mais Dieu que c'était excitant ! A la fin je ne tirai plus sur la laisse, nous avons emprunté le chemin du retour. Passage au lavoir obligatoire, là j'ai eu vraiment peur, je pensais que mes maîtres allaient me noyer. Mais tout s'est finalement bien passé, étrangement l'eau était plus tiède que l'air et je me sentais de nouveau les pieds et le bas ventre bien au propre.

    Je grognais de plaisir comme un enfant sortant d'une douche tonique. Arrivée sur la pelouse Tadig m'a détachée, j'ai couru sur l'herbe. Aussitôt la porte ouverte je me suis engouffrée dans la maison. Séance moquette obligatoire, je me suis roulée dessus essuyant mes derniers poils mouillés, que c'était agréable... Humm j'ai envie de dormir, la balade m'a fatiguée, un roupillon s'impose.

    Le soir j'ai mangé de bon appétit et puis j'ai attendu quelqu'un qui ne vint pas... et j'ai joué un peu de la baballe.

    Mardi repos et sorties pelouse

    Au milieu de la nuit, je me suis réveillée, me suis mise à pleurer comme un bébé, et j'ai gratté furieusement contre la porte. Tadig s'est levé, il n'avait pas l'air d'être enthousiaste, il m'a grondée en disant que ça ne se faisait pas à cette heure de la nuit. Pour m'impressionner il a tapé un grand coup de journal sur la table . Il y a eu un grand bruit qui m'a fait peur, j'ai compris que ce que je faisais n'était pas dans le code de la maison et qu'il ne fallait pas recommencer. Résignée j'ai dormi, attendant sans faire de bruit que "patron ou patronne" me donnent le signal du lever.

    Le matin j'étais un peu penaude, mais tout s'est bien passé, patron m'a caressé, comme c'est curieux, il a l'air amnésique, tant mieux pour moi. Journée à la maison, alternée de sorties sur la pelouse, Tadig était dehors, je suis allée le voir mais il était occupé et ça ne m'intéressait pas plus que ça. Retour niniche garanti.

    La nuit j'aurais aimé hurler ma détresse mais je me souvenais de la nuit précédente, je me suis abstenue quand le matin fut venu, une nouvelle journée commença sans problème, désormais jamais plus je n’aboierai ou gratterai la porte !

    Mercredi une journée ordinaire

    La journée commence comme d'hab. Puis j'ai senti qu'il se passait quelque chose d'inhabituel, "patron patronne" se préparaient à sortir. Serais- je du voyage ? Raté ils m'ont donné le vivre et le couvert côté véranda. J'ai dormi toute la matinée et une partie de l'après-midi étant aux premières loges pour regarder la vie dehors. En milieu d'après-midi "patron patronne" sont revenus, j'ai gambadé sur la pelouse, minaudant de
    plaisir, fière de moi d'avoir été sage pendant leur absence.

    Jeudi promenons- nous dans les bois

    Jeudi après-midi - J'ai visité le site de  Sainte Barbe, et les alentours jusqu'à la rivière Ellé. Ce fut bien agréable, ils m'ont même lâchée quelques instants pour que je  me défoule un peu les guiboles. Arrivée à la maison j'ai dormi : L'exercice de plein air est si fatigant.
    Vendredi et Samedi - routine canine
    Vendredi fut une journée canine confortable et ordinaire. Samedi - routine à la maison, "patron patronne d'adoption" sont partis à la bibliothèque, de mon côté j'ai dormi pendant tout ce temps.

    Dimanche je m'autorise tous les interdits

    Chouette il ne fait pas beau dehors on peut pas dire non plus que c'est un temps de chien mais bon c'est pas terrible. L'avantage est d'avoir mes maîtres à mes côté. Malgré le temps incertain la laisse est sortie, debout sur les deux pattes arrière je hume cet objet synonyme de sortie assurée.

    Direction le port du Pouldu, hurlement de rigueur, des fois qu'on m'oublie dans la voiture. Puis sprints sur un grand terrain couvert de sable et d'algues comme je n'en avais jamais vu encore. Et balade jusqu'à Pouldu Plage je visite d'un terrain vague couvert de sable fin où clapote l'eau sur le rivage. J'ai couru après des gravelotes qui se sont envolées : "Vive la liberté". En partant mes maîtres ont regardé un panneau "Interdit aux chiens" moi : rien à cirer, c'était agréable.

    Retour à la voiture, retour à la maison, Pâté, croquettes englouties, j'étais affamée.
    J'ai fait un grand dodo alternée de mendicité aux caresses.

    CONCLUSION

    « Maîtresse bien aimée, vois-tu, j'aimerais bien que tu sois avec moi, mais ne t'inquiète pas je ne suis pas trop malheureuse dans ma résidence de campagne. Je te souhaite de bien te reposer, de ne pas t'en faire à mon sujet, de toute manière nous nous retrouverons assez vite.

    Je te fais une lichette sur les deux joues et sur le bout du nez. Signé Fanette, chienne
    pensionnaire.

    Fanette chienne papillon : Et ce vent qui souffle sans arrêt !

    Fanette chienne papillon : Qu'il est doux le sable de cette plage ventée !

    Chienne papillon

    chienne papillon

    Chienne papillon

    Chienne papillon

    Chienne papillon

    La course d'une chienne papillon

    Chienne papillon : Courir de plaisir !

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 20 Décembre 2012 à 16:14
    Délicieuse histoire, adorable votre pensionnaire, oreilles, queue et poils au vent.
    Je parie que vous aurez de la peine quand il partira...
    2
    Jeudi 20 Décembre 2012 à 17:53
    Poil au vent, c'était le cas, le vent soufflait en rafales à l'échelle 9 Beaufort mais l'air était on peut le dire vivifiant. La petite chienne très expressive est adorable mais je n'aurai pas de peine lorsqu'elle partira car ce sera pour retrouver sa propriétaire qui elle est peinée de cette séparation.
    3
    Jeudi 20 Décembre 2012 à 19:06
    magnifique chronique où les Deux-Pattes deviennent le point de mire des toutounos:question de point de vue toujours intéressant.
    "Pignouser" est-ce breton comme le "pimer" charentais?
    4
    Jeudi 20 Décembre 2012 à 21:58
    Je pense que le sens est similaire à pimer j'ai trouvé les explications suivantes sur le site du Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales :
    tymol. et Hist. 1944 supra. Mot région. de l'Ouest, dér. de pignou «pleurnicheur» (Bretagne, Maine) et celui-ci dér. du verbe pigner «geindre, pleurnicher», répandu dans les dial. de l'Ouest, att. dep. ca 1225 (Pean Gatineau, St Martin, éd. W. Söderhjelm, 6797: Lors crie et bret et plore et pingne), issu d'un rad. onomat. pi- (cf. piailler, piauler, pignouf et FEW t.8, p.417 qui cite d'autres dér. dial. de pigner: pignotter «geindre beaucoup», dans le Maine-et-Loire, pignocher «pleurnicher» dans l'Ille-et-Vilaine).

    Je l'ai souvent entendu dans mon enfance, avec la déclinaison bretonne pignousse (personne qui geint et pleurniche)
    Les Deux-pattes ont des faiblesses que les chiens intelligents savent forcer..
    5
    Samedi 22 Décembre 2012 à 19:56
    J'ai lu avec émotion "la semaine d'une pensionnaire pas ordinaire". Nous en sommes à notre troisième toutou, une femelle labrador de presque 8 ans mais pratiquement aveugle depuis peu. C'est un lien "pas ordinaire" que celui d'un chien et de ses maîtres. Une belle page en l'honneur d'une fidélité à toute épreuve tout comme à leur joie de vivre !
    6
    Samedi 22 Décembre 2012 à 21:22
    Fanette est une petite chienne adorable joueuse qui demande beaucoup d'affection. Elle s'est très rapidement adaptée aux habitude de la maison. Le texte est inspiré de l'interaction entre l'homme et l'animal souvent elle donne l'impression de vouloir exprimer ses sentiments que j'ai voulu transcrire dans ce texte. Le labrador est un chien superbement équilibré, dommage que le votre ait des problèmes de vision. Merci pour la visite et cette éloge du chien.
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